UN “HER” BIEN CONNU

Un film hollywoodien situé dans le centre ville de Los Angeles qui constitue à lui seul un décor passablement futuriste. Un futur très proche, néanmoins, où les innovations sont avancées.

SYNOPSIS

Théodore est un ex journaliste actuellement employé d’une entreprise spécialisée dans la rédaction des « plus belles lettres. Il se montre particulièrement bon dans son travail. Il n’en est pas moins très mal dans sa peau, aussi peu doué pour fabriquer son propre bonheur qu’il est doué pour rendre heureux les destinataires des lettres qu’il écrit.

Il est en train de divorcer, contre son gré, d’une femme écrivaine à succès. Il se trouve dans cette impasse affective lorsqu’il apprend par une publicité, que des assistants personnels informatiques sont désormais disponibles, dotés de performances inédites. Il fait l’acquisition d’une version de ce nouvel O.S. qui va bouleverser sa vie.

UNE QUOTIDIEN FAMILIER

la scène de début

Je l’ai trouvé très intéressante et importante car elle donne tout de suite l’idée d’une routine caractéristique du 21ème siècle.

Arriver chez lui Théodore a des flashbacks de ses moments passées avec son ex-femme. J’ai rarement vu une scène aussi belle et forte émotionnellement parlant.

Je me suis moi-même déjà poser les mêmes questions que Théodore et c’est ce qui rend le film puissant car on s’y retrouve, on sait ce qu’il a pu ressentir durant la rupture.

UNE RENCONTRE QUI BOULEVERSE SA VIE

la rencontre avec Samantha

J’ai eu beaucoup de mal avec cette scène. L’idée d’entretenir une relation avec une intelligence artificielle m’a beaucoup perturbée.

Pourtant, on s’attache et s’identifie très vite à la relation entre Théodore et Samantha. C’est comme si tout à coup Samantha l’avait sauvé du gouffre où il s’était lui-même enfoncé. Tout le monde souhaite rencontrer la personne qui nous sauvera, moi la première.

Le fait qu’il ait choisi une voix féminine le prouve encore plus d’après moi. Il passait son quotidien avec une femme et du jour au lendemain celle-ci disparaît. En quelque sorte Samantha est là pour combler le vide.

LES NOTES DE PIANO SUR LE BORD DE MER

les notes de piano sur le bord de mer

Plan serré sur Joaquin Phoenix qui raconte comme il embrasserais Samantha. Un piano en fond démarre jouant deux trois note légère, ensuite un fondu noir s’enchaîne et la musique devient de plus en plus forte accompagnant les jouissances du couple.

J’ai trouvé cette scène très forte car elle envoie un message précis : L’amour n’est pas relié qu’à l’acte physique mais a tout ce qu’on transmet de manière psychique, ce qu’on ressent.

SAMANTHA : UNE I.A PLUS HUMAINE QUE L’HOMME

le personnage de Samantha

Si Samantha débute le film comme une simple IA faisant partie d’un OS, son développement tout au long du film est extrêmement intéressant et pose de nombreuses questions sur l’émergence des intelligences. La conclusion du film est d’ailleurs extrêmement intéressante à ce titre, et je vous invite fortement à aller y jeter un œil si ce n’est déjà fait.

Il manquait quelque chose à Théodore dans sa relation avec Samantha. Les flash-backs des souvenirs sur sa vie de couple avec Catherine insistent sur le contact humain. Samantha a beau pouvoir changer Théodore, elle ne peut pas vieillir avec lui, ni fonder une famille. Elle ne peut pas partager son intimité. C’est cette intimité qui manque à Théodore : pouvoir communiquer avec un simple geste, lire les expressions de l’autre ou bien sentir la chaleur de son toucher.

AMY : UNE AMIE FIDÈLE

Amy et Théodore

La scène finale commence après le départ de Samantha, Théodore est de nouveau seul. Ce dernier rend visite à Amy, sa voisine et amie très proche, elle aussi laissée de côté par son amie OS.

Dans la dernière image du film, Amy a été capable de faire ce que Samantha n’a pu faire : partager d’une certaine manière l’intimité de Théodore, être véritablement présente avec lui. Et réciproquement.

Je pense que Spike Jonze a voulu montrer que la solitude de Théodore est partagée par tout le monde.

L’HOMME LIBÉRÉ DE SA SOLITUDE

 La vie est trop courte, et tant que je suis là, je veux m’accorder des moments de joie. On se fout du reste ». Ces mots, prononcés par le personnage d’Amy au milieu du film, résument toute l’essence du message de HER : nous avons tendance à nous isoler du monde et cela mène irrémédiablement à la souffrance et à la peine. Ce sont les authentiques connexions avec notre entourage qui mènent à ces « moments de joie ».

Avant tout, HER est un film sur la solitude. Sa scène finale représente l’aboutissement du long chemin qu’a suivi Théodore pour en sortir. Comparons par exemple le premier plan du film (première photo ci-dessous) avec le dernier (deuxième photo):

Premier plan de Her
Dernier plan de Her

La réalisation est ordinaire, je n’aurais rien à en dire. Néanmoins, je suis rester intrigué par tout ce que j’avais vu: l’amour entre machine et organisme vivant, les limites d’une relation avec une IA, la délimitation entre virtuel et réel. Mais surtout la véracité de ce virtuel. En effet, malgré que Samantha ne soit qu’un système virtuel, elle produit des effets réels sur Théodore.

Alors ce film m’a passionné, certainement pas comme tout le monde, mais il m’a beaucoup fait réfléchir.
On peut lui reprocher une approche au niveau de la réalisation un peu trop classique mais le bijou de Spike Jonze s’en sort avec mention.

la bande d’annonce

UN CASTING QUI VAUT LE DETOUR

De gauche à droite : Rooney Mara ; Spike Jonze ; Scarlett Johansson ; Joaquin Phoenix

L’AFFICHE DU FILM

l’affiche du film

LIENS UTILES

Stella Astolfi

LEA L1XE annee 1

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