Mdina la cité silencieuse
MALTA

Mdina est une ville située sur l’Ile de Malte. L’île se situe entre la Sicile et la côte  nord-africaine dans la mer Méditerranée. Malte est devenue une colonie du Royaume-Uni en 1814 et le resta jusqu’en 1964, lorsqu’elle prit son indépendance. Au cours de l’année 2003, Malte signa le traité d’adhésion à l’Union européenne.

Une histoire pleine de rebondissements

Les Phéniciens

Datant de l’âge de bronze, la colline sur laquelle Mdina a été construite était déjà une zone fortifiée. Vers 750 avant J.-C., les Phéniciens ont entouré de murs l’endroit et certaines parties de ce qui est aujourd’hui Rabat. On l’appelait Malet, ce qui signifie “refuge”, le même nom donné à l’île. Les Romains ont succédé aux Carthaginois à Malte et ont appelé l’île Melita. Sous leur emprise, l’île et sa ville prospèrent. Des poètes et des hommes politiques célèbres comme Cicéron, Tite-Live et Diodore de Sicile, ont décrit Melita comme une ville aux beaux bâtiments et au mode de vie prospère

Des fouilles archéologiques récentes ont mis au jour divers vestiges romains à différents endroits de Mdina. En 870, les Arabes ont conquis l’île et ont fini par changer le nom de la ville en Mdina, qui signifie ville entourée d’un mur. Pour des raisons de défense, les Arabes ont séparé Mdina de Rabat par un profond fossé et ont entouré la ville de nouveaux murs. À partir de cette époque, Mdina n’a pratiquement pas changé . La structure et le plan des rues sont pratiquement les mêmes que ceux d’il y a mille ans

Roger le Normand

En 1091, le comte Roger le Normand conquit la ville. On dit que le comte Roger a reconstruit l’église principale et l’a placée sous la dédicace de St Paul. On dit aussi que cette église a été construite sur les ruines de la maison qu’occupait Publius, le gouverneur romain qui avait accueilli Paul après le naufrage de ce dernier. Le comte Roger et ses successeurs ont également établi l’aristocratie de Malte, qui a toujours joué un rôle important dans l’histoire de Mdina. 

Sous le règne des Normands et des dynasties successives, Malte et Mdina ont connu des temps difficiles. La noblesse maltaise, qui se rassemblait à l’intérieur des murs de Mdina pour se protéger des attaques pirates, devait répondre aux besoins et à l’administration de Malte. Le vice-roi de Sicile avait donné à Malte le droit à l‘autonomie interne, qui fonctionnait à travers l’Università, qui se réunissait à Mdina. En raison du courage dont ont fait preuve les habitants de Mdina lorsqu’ils se sont révoltés contre les injustices de Monroy, le souverain de l’île, le roi d’Aragon a donné le titre de Notabile à la ville de Mdina

Lors des discussions sur l’octroi de Malte aux Chevaliers de l’Ordre de Saint-Jean, une délégation est envoyée sur les îles et les Chevaliers rapportent que la ville est vieille et presque abandonnée. L’Ordre finit par accepter l’offre de l’empereur romain germanique Charles V d’installer son siège sur l’île de Malte. Pendant le Grand Siège des Turcs, Mdina, sous le commandement du gouverneur portugais Don Mesquita, a contribué à la victoire finale grâce à ses contacts avec la Sicile et à des attaques de guérilla contre des détachements de l’armée turque. 

La Valette

Après le Grand Siège, la construction de La Valette en 1566 a diminué l’importance de Mdina. Il n’est donc pas étonnant que le Grand Maître Lascaris ait envisagé de démolir les murs de la ville, mais en raison des protestations de la population locale, la démolition n’a jamais eu lieu. 

Un fort tremblement de terre qui a secoué Malte en 1693 a endommagé de nombreux bâtiments, dont la cathédrale. Le Grand Maître Antonio Manoel de Vilhena saisit l’occasion et lance la reconstruction de nombreux bâtiments publics. Les plans de la nouvelle cathédrale furent élaborés par l’architecte maltais Lorenzo Gafa, ainsi que le palais du magistère, qui était à l’époque le siège de l’Universita’. Celle-ci commence à tenir ses séances au Palazzo Giuratale. La noblesse locale commença également à construire de nouveaux palais à Mdina, donnant ainsi à la ville son aspect moderne tel qu’on le voit aujourd’hui. 

Une ville reconstruite

Pendant la période française, les habitants de Mdina et de Rabat furent les premiers à se rebeller contre les Français, et après avoir tué Masson, le commandant de Mdina, la révolte s’étendit à Malte et Gozo. Les Britanniques qui succédèrent aux Français supprimèrent à jamais l'”Universita”. Mdina, plus que jamais, devint le dernier refuge de l’aristocratie maltaise, contribuant ainsi à préserver le caractère aristocratique et médiéval. Mdina est désormais connue sous le nom de “ville silencieuse”.

Une première expérience hors-normes

J’ai étudié à Malte durant 4 mois au cours de l’année 2020, et j’ai eu la chance de visiter Mdina. Lorsque je pense à Malte je vois cette ville, protéger par des remparts et d’un silence assommant. Mdina porte très bien son nom de cité silencieuse, à l’intérieur des remparts le silence règne, le calme qui y réside n’est pourtant pas oppressant comme on pourrait le penser, mais apaisant. Dans un monde où le tourisme de masse est extrêmement présent ainsi que la surpopulation, se rendre dans un lieu comme Mdina où les rues ne sont pas envahis par les touristes ou les véhicules est très reposant. J’ai choisi cette ville car elle m’a beaucoup marquée par son authenticité même trois ans après l’avoir visitée.

Les immanquables

Mdina dispose d’une vue imprenable sur l’île de Malte, de plus grâce aux vestiges d’une histoire mouvementée, elle dispose aussi de magnifiques bâtiments faits de pierres. Malgré ce passé, les bâtiments de la ville sont très bien entretenus et préservés. De nombreux restaurants ont donc vu le jour dans ces lieux anciens. Il y en a pour tous les goûts, à l’air libre avec une vue panoramique sur l’île, terrasse fermée remplie de verdures ou encore dans ce qui semble avoir été une prison

La cathédrale de St Paul

La cathédrale de St Paul fut construite en 1702  en s’inspirant du style baroque.

Le musée national d’histoire naturelle