« Ad astra per aspera » - Inconnu

Plus d’un siècle de recherches archéologiques ont révélé les preuves d’un ensemble architectural colossal. Située au cœur du massif des Alpilles, cette cité gauloise est imprégnée avant tout d’influence grecque et romaine.

C’est au cours de mes années de collège que, lors d’une simple visite scolaire, j’ai découvert Glanum : un retour antique qui m’avait émerveillé à l’époque et que j’aimerais vous partager au travers de cet article.

Le Glanum que nous connaissons de nos jours fut l’ancienne capitale des Glaniques de la Provence antique. Les nombreuses fouilles ont ainsi révélé des vestiges témoignant d’un certain degré de sophistication que nous allons regarder plus en détail.

Une brève présentation

Glanum est un site archéologique situé à Saint-Rémy-de-Provence, en France. Il s’agit de l’un des sites archéologiques les plus importants de la région et un excellent exemple de l’occupation romaine. Nommée d’après le grec ancien Glanon, cette cité antique était dédiée au dieu gaulois Glanis, divinité guérisseur avant d’être rebaptisé Glanum sous l’influence de l’Empire romain. Cette ville antique connaît son apogée sous le règne de l’empereur romain Augustus, et dont son développement c’est reposée sur la protection des reliefs des Alpilles et la présence d’une source sacrée. Se trouvant à l’intersection de deux anciennes routes qui relient l’Italie et l’Espagne par les Alpes. Situé sur les flancs des Alpilles, son état de conservation a fait la renommée de Glanum bien avant sa redécouverte. Aujourd’hui, Glanum est une destination touristique populaire.

Un site sous plusieurs influences

Le site Glanum à Saint-Remy-de-Provence a été façonné par l’influence des cultures grecque, romaine et hellénistique. Le site a été habité pour la première fois à l’âge du fer par divers peuples barbares et a ensuite été occupé par les peuples Salyen, Hellénistique et Romain.

C’est à partir du VIème siècle avant Jésus-Christ que l’on recense la première influence qu’a reçu Glanum, en effet un peuple de Gaulois autrement appelé des Salyens, s’y installent stratégiquement car l’entrée du seul vallon qui traverse la chaîne des Alpilles, reliant la plaine de la Durance au nord à celle de la Crau au sud, permettant d’une part la traversée rapide des Alpilles, utile pour les échanges commerciaux et d’autre part la protection par les collines formant un rempart naturel contre les attaques ennemies. Une source d’eau, favorise aussi l’implantation des Gaulois qui crûrent aux bienfaits de cette eau guérisseuse. Ils baptisèrent le Dieu de cette source : Glan ; c’est ainsi qu’on les appela les Glaniques, et leur oppidum Glanon, puis Glanum à l’époque romaine.

Les Glaniques vont entrer en relation avec des colons grecs venus de Marseille, via le commerce. Ces derniers vont apporter leurs savoir-faire en terme d’architecture, d’urbanisme, d’organisation politique et sociale d’une cité. C’est ainsi qu’au IIème siècle avant J. C., Glanon présente les attributs principaux d’une cité hellénistique.

Un monument est construit pour recueillir les eaux de la source sacrée, le rempart est consolidé, des monuments publics régissant la vie politique, sociale et spirituelle du peuple sont édifiés : le bouleutérion, l’agora, le temple toscan et le puits à dromos, le macellum On bâtit également des maisons à l’image de celles que l’on trouve en Grèce : s’organisant autour d’une cour intérieure bordée de colonnes (l’atrium) et doté d’un bassin destiné à recueillir les eaux de pluie (l’impluvium).

Là n’est pas la seule influence, au Ier siècle avant J. C., César conquiert la Gaule faisant capituler les peuples gaulois et grecs. Les Romains vont s’installer par la force en Gaule romanisant les cités grecques et les oppida gauloises. Ils imposent leurs propres lois, leur propre vision de la cité : c’est ainsi qu’ils détruisent le centre monumental de Glanon pour reconstruire par-dessus des monuments qui leur sont caractéristiques. Ils conservent le plan urbanistique initié par les Grecs : les monuments dédiés à la vie politique sont remplacés par le forum qui est accompagné de la basilique) et de la curie. Le quartier de la source sacrée est conservé et élargi aux divinités romaines, alors associées au culte de l’eau sacrée. En 49 avant J. C. César s’empare de Marseille et fonde en 45 la colonie d’Arles. Glanum obtient le statut d’oppidum latinum qui permet aux notables d’obtenir les droits civils et politiques complets de Rome, en échange de leur intégration aux modèles imposés par Rome.

Le site est une source précieuse d’informations sur l’histoire et la culture de la région et donne un aperçu du développement de la région au fil du temps, Glanum  rappelle également l’importance de préserver notre patrimoine culturel et de comprendre l’influence des différentes cultures sur la nôtre.

Quelques monuments à découvrir

L'Arc Municipal

Vu comme le plus ancien des arcs romains de la Gaule narbonnaise et datant des premières années du règne d’Auguste, l’arc municipal de Glanum tape à l’oeil de toutes personnes entrant dans Glanum : bien conservé, proportionné et décoré, il ne peut être ignoré ! Symbolisant la coupure de l’espace urbain, le relief exprime la gloire de Rome et le triste sort de ceux qui ont défié sa volonté. Bien qu’un monument classé historique depuis 1840, le temps a effacé quelques parties de ce chef d’œuvre. A-t-il perdu de sa splendeur pour autant ? Non ! Remarquez la beauté de sa décoration : son relief montre la conquête de la Gaule par César et l’on peut remarquer sous sa voûte des sculptures de fruits et de feuilles, symboles d’abondance. L’arche mesure actuellement 8 mètres de haut.

Le Mausolée

Avoisinant l’Arc Municipal de quelques mètres et formant à eux deux « les Antiques de Saint-Rémy-de-Provence », le Mausolée est un monument gallo-romain dont la création est située entre -30 et -20 avant Jésus Christ. Le Mausolée repose sur un immense piédestal orné de reliefs et finement décoré selon la technique de Cernur, est un monument funéraire : rendrait hommage à une famille gauloise qui aurait gagné la citoyenneté romaine pour avoir fait son service dans l’armée romaine. Sur ce piédestal, le courage et la valeur guerrière du fondateur de la famille sont rappelés. Il est surmonté d’un petit arc à quatre pans qui inspire à la fois le succès militaire et la victoire sur la mort. Ces portraits sont des “Parentes“, c’est-à-dire les pères et grands-pères de ceux qui ont construit des bâtiments pour vénérer leurs ancêtres.

On peut y lire l’inscription :

« SEX(tus) M(arcus) L(ucius) IVLIEI C(aii) •F(ilii) PARENTIBVS SVEIS

Sextus, Marcus et Lucius , fils de Caius Julius, pour leurs parents »

Musée archéologique (ancien hôtel de Sade)

L’hôtel Renaissance connu sous le nom de Maison de Sade sur la place Favier est situé dans les vestiges d’un édifice romain (IVème siècle) face au Musée des Alpilles. Avant de devenir un centre occupé par les réformée du XVIIe siècle, l’édifice appartenait à la famille Fos, comtes de Provence, dont leur fille épousa aux XVe et XVIe siècles un membre de la famille De Sade, branche de la famille d’Eyguières. La maison a été classée monument historique par le décret du 7 octobre 1926. L’hôtel possède une riche collection de trésors comme le mobilier archéologique, de statues, d’éléments architecturaux celto-ligures, hellénistiques, gallo-romains, de stèles funéraires et d’autels votifs trouvés à Glanum et ses environs.

Les monuments de Glanum offrent un aperçu unique du passé et donnent un aperçu de la vie des personnes qui y vivaient. Ils rappellent la puissance de l’Empire romain et son influence dans la région. Ils témoignent également de l’habileté et du savoir-faire des personnes qui les ont construits.

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