Le secret caché de Steve Jobs

Steve Jobs, le film du réalisateur Danny Boyle et du scénariste Aaron Sorkin, paru en 2015, retrace la vie de l’entrepreneur et inventeur américain Steve Jobs. Il nous entraîne dans les rouages de la révolution numérique pour dresser un portrait intime du génie qui y a tenu une place centrale.

Steve Jobs, un personnage odieux

Dès le début, le film nous dépeint Steve Jobs comme un personnage confiant, autoritaire, cruel et capricieux. L’exemple le plus notable serait le passage du film où Steve Jobs a commis un caprice quitte à menacer l’un de ses employés afin que lors de la présentation d’un ordinateur Apple ce dernier dise « bonjour », ou encore le fait qu’il ordonne subitement à sa secrétaire, (interprétée par la talentueuse Kate Winslet) de lui trouver, par n’importe quel moyen une chemise blanche avec une poche quelques minutes seulement avant la représentation sous prétexte qu’il lui fallait assortir sa chemise à la couleur de l’ordinateur.

Ce genre d’événements sont nombreux dans le film, ainsi, il serait tout à fait justifiable pour les spectateurs de ne pas apprécier ce personnage, autant que pour sa personnalité que pour sa relation avec les autres êtres humains. Pourtant l’un des aspects les plus intéressant du film selon moi est justement focalisé sur cela, l’évolution du comportement de Steve Jobs ainsi que de ses rapports avec autrui et tout particulièrement avec sa fille Lisa, interprétée ici par Perla Haney-Jardine.

Steve Jobs : Un mauvais père ?

En se fiant au début du film, il est facile de constater que malgré son génie pour la conception, le grand Steve Jobs a un réel problème avec le contact humain et plus précisément avec sa propre fille Lisa qu’il prendra des années à reconnaître. Elle constitue à elle seule le plus grand secret de Steve Jobs. Ayant toujours été conditionné à devenir un homme à succès, Jobs n’a jamais réellement appris à devenir père. Ce terrain là constitue pour lui une zone de flou qui va se traduire par un rejet de l’enfant ainsi que de nombreux conflits avec ce dernier. Pourtant après la scène illustrée ci dessus, Lisa dessinera pour la première fois sur le mac développé par son père, et cette fois nous allons voir un Steve bouleversé et pour la première, nous le verrons se comporter comme un véritable père. Cette scène est un point clé qui symbolise le début de l’évolution de Steve Jobs.

Une transformation choquante

Malgré une situation financière plus que critique ainsi que de nombreux échecs sur des projets indépendants lancés en amont par celui-ci. Grâce à une ellipse temporelle, on retrouve tous nos personnages avec 14 ans de plus et cette fois l’évolution de Steve Jobs est bien plus remarquable. L’homme en costard imbus de sa personne a laissé sa place à un homme simple qui se contente d’un col roulé noir ainsi que d’un jean ordinaire, mais l’évolution n’est pas que physique.

Revenons encore une fois à la relation père-fille de notre personnage, l’homme qui autre fois ne daignait même pas assumer sa propre fille souhaite à désormais être présent pour cette dernière. Nous pouvons aisément constater que malgré un côté de sa personnalité toujours un peu renfermé, il aime néanmoins sa fille. La scène qui illustre le plus cela est celle où Steve Jobs apprend qu’un de ses collègues de longue date a décidé de payer l’accès à l’université d’Oxford à Lisa et lui à conseillé d’aller voir un psychologue pour « manque de présence masculine ».

A ce moment précis l’on découvre un Steve Jobs protecteur et aimant qui apprend à se remettre en question, lui-même était d’ailleurs le premier surpris quand il a pris conscience grâce à une intervention de sa secrétaire qu’il n’avait pas toujours raison. Et on apprend également que Steve Jobs n’a pas grandit dans un modèle de vie idéal, il a été adopté puis abandonné une nouvelle fois 1 mois après. A la fin il nous révèle son secret, il a toujours aimé sa fille. C’est pour cela qu’il a conservé depuis des années son premier dessin et nommé le premier ordinateur qu’il ait conçu LISA.

Un personnage ambivalent

Nous pourrions donc en conclure que malgré les apparences le personnage de Steve Jobs possède un bon fond, son côté qui le rend détestable pourrait s’expliquer par le contexte dans lequel il a grandi plus jeune. Pourtant malgré cela, il n’a pas cessé de grandir encore à l’âge adulte, grâce à de multiples personnes et expériences afin de devenir l’homme qu’il est à la fin du film, un homme heureux et souriant, en paix avec sa fille.

Un film non adapté à tout public

D’après moi, l’évolution progressive de Steve Jobs en tant que père est l’aspect principal du film et c’est aussi ce qui le rend intéressant. Après plus d’une heure trente de visionnage, il n’est pas aisé de retenir les informations de ce film car en effet, on se sent comme englouti par la masse d’informations à la seconde, impressionné, aussi, par l’intelligence et la richesse des propos lors des dialogues. Mais après tout le film reste relativement dynamique grâce aux talentueux acteurs et le scénario quand à lui est travaillé.

Un casting d’exception

Bande annonce

1 juillet 2015

Les prémices du design

Gabriel Caglione L1 Anglais-Italien

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