
Snowden, ou comment le cinéma peut devenir politique
2013 a été marquée par une révélation qui a choqué les Etats-Unis, et plus globalement, le monde entier : la NSA, organisme gouvernemental du département de la Défense des États-Unis, responsable du renseignement d’origine électromagnétique et de la sécurité des systèmes d’information du gouvernement américain, surveillent des millions d’américains chaque jour. Révélation faite par l’homme qui nous intéresse aujourd’hui : Edward Snowden. Plongeons ainsi dans le film germano-franco-américain, réalisé par Oliver Stone et sorti en 2016, qui retrace cette grande histoire.
Un héros des temps modernes

Snowden adapte ainsi les révélations faites par Edward Snowden, ancien employé de la NSA, sur la collecte illégale d’informations par l’organisme sous prétexte de lutte antiterroriste. Qu’est-ce qui fait donc de ce film une œuvre si spéciale ?
En effet, nous sommes ainsi transportés dans ce film entre passé et présent, duperies et révélations, qui amènent jusqu’au climax : à savoir la publication d’un article de The Guardian à propos de cette affaire. De prime abord, Edward Snowden, affectueusement surnommé Ed, est un patriote aimant profondément son pays, et croyant aveuglément à l’attitude protectrice de son gouvernement. Dès les premières minutes du film, on le voit s’engager à l’armée, intégrer plusieurs corps du gouvernement en répondant à une séries de questions sur la grandeur des Etats-Unis (auxquelles il répond bien sûr affirmativement), et étant fier de ses revendications. Ce que j’ai aimé chez ce personnage, c’est sa longue descente aux enfers ainsi que sa réalisation que peut-être, le gouvernement n’est pas si blanc qu’il n’y paraît. On comprend petit à petit, on souffre, et on se pose des multitudes de questions avec lui. Sa relation complexe avec sa compagne Lindsay était aussi très intéressante à voir, Ed essaie tant bien que mal de la protéger de son travail et des innombrables informations toutes plus sombres les unes que les autres avant de tout relâcher et de lui révéler une partie de la vérité.
« Un job ne peut pas être criminel ? » « Pas si c’est pour le gouvernement »

Non seulement on nous plonge dans un film avec un personnage principal torturé entre ses convictions et son travail, mais cela nous pousse nous aussi à nous poser des questions. Et étant le retracement de la vie réelle du vrai Edward Snowden ; cela m’a poussé à réfléchir longuement sur diverses questions de sécurité et de surveillance. Quand doit-on tracer la ligne entre obligation gouvernementale et respect de la vie privée ? S’il n’y avait pas eu d’Edward Snowden, combien de temps les Etats-Unis auraient continué de cacher la vérité ? Y’a-t-il d’autres choses que l’on ne nous dit pas ? Surtout après la scène de révélation absolument sublime où frissons sont au rendez-vous, où l’on apprend que, oui, le gouvernement surveille téléphones, ordinateurs, tablettes, de tous les habitants des Etats-Unis. Préparez vous alors à réfléchir longuement devant ce film, car Snowden n’est pas l’un de ces films où l’on ne doit prêter que peu d’attention, et s’apparente beaucoup plus à un documentaire dont chaque minute est intéressante à écouter, ce qui est d’autant plus réaliste avec le jeu d’acteur sans défaut des différents acteurs de l’œuvre.
Un film engagé

L’on pourrait peut-être se demander si ce film-documentaire ne romance pas un peu les évènements, ou ne pousse pas un peu plus la réflexion sur certaines questions, et surtout qu’il facilite beaucoup plus les choses (comme notamment le fait qu’Ed réussit à voler des informations top secrètes beaucoup trop facilement) il est certain que Snowden est un film à voir, ne serait-ce que pour éveiller sa conscience sur le monde qui nous entoure et de tout faire pour ne pas que le monde de demain soit une réplique de 1984.
Foncez donc le voir !

Pour voir la bande annonce, c’est ici:
En savoir plus sur les acteurs:

Rédactrice: Dina Drif