
“La couleur est descriptive, le noir et le blanc est interprétatif” – Elliot Erwitt
Imprégné par la photographie depuis son plus jeune âge mais plus assidue dans sa pratique vers l’âge de 20 ans, Xavier Vanlaere, appartient désormais au collectif P.P.I.M des photographes tout en travaillant en tant qu’éducateur spécialisé dans différentes structures sociales et de santé.
Brève présentation
La photographie étant l’ensemble des techniques, des procédés et matériels qui permettent d’enregistrer un sujet en image fixe il s’agit avant tout d’une technique, l’art de prendre des images photographiques. Que ce soit pour les réseaux sociaux où les albums photos de famille, la photographie fait entièrement parti de notre quotidien. Il en va de même pour Monsieur Vanlaere, qui lui cherche à capturer l’instant présent mais pas seulement, en effet il considère l’image comme un moyen d’expression “privilégié, efficace et pertinent” notamment dans son métier en tant qu’éducateur spécialisé qui a pu l’aider à s’exprimer mais aussi à faire parler des minorités mises de côté, c’est pourquoi quant on l’interroge sur le motif de sa pratique, il se montre très clair :

« Il n’y a pas vraiment de pourquoi. Disons que j’avais tendance à m’attardais sur des lignes , des couleurs, des lumières… Je percevais de la beauté à partir de peu… La photographie me permettait de capter et recueillir cet instant : de le garder et le regarder. »
Sa maitrise de la photographie est telle, que nombreuses sont ses œuvres ayant été vendu dans le monde comme aux États-Unis (New-York), au Royaume Uni, en Russie, mais aussi en France comme Paris, Arles, Marseille et Lille.

Une passion remontant à l’enfance
Né en 1969 à Lille, au milieu d’une famille de commerçants et photographes, c’est dès son plus jeune âge que Xavier Vanlaere erre entre le laboratoire argentique et le studio de prise de vues professionnel de son père.
« A cette même période il recueille dans la corbeille les épreuves d’essais noir et blanc et les colorie aux feutres, recompose les paysages, dessine sur les portraits qu’il orne de lunettes, de couronnes, et autres accessoires imaginaires. »
Site Web Xavier Vanlaere, bibliographie

C’est une fois adolescent qu’il s’écarte de sa passion et du contexte familial pour tenter des formations et des pratiques professionnelles. Ainsi durant deux ans au début des années 90, il créé et dirige un atelier photographique auprès de jeunes en difficulté. Un emploi lui permettant de « retrouver » d’une certaine façon la photographie.

Cette expérience l’amène à devenir coordinateur de projets socioculturels. Il tente alors d’importer la discipline photographique dans le champ social, l’image est alors considéré comme un moyen d’expression à la fois privilégié, efficace et pertinent dans le cadre d’une action de prévention mais aussi de réinsertion. Cependant il continua à mener des travaux photographiques individuels, personnels ou répondant à des commandes. C’est son arrivée en 2002 à Marseille qui fut déterminante ; en effet c’est alors que débute un travail photographique qui s’inscrit dans la continuité.

Un projet marquant
« Parallèlement à cette pratique j’exerce comme éducateur spécialisé dans différentes structures sociales et de santé. Dans ce cadre, je conçois et animes des ateliers d’Écriture photographique auprès d’un public en démarche d’insertion, de soins ou de personnes âgées. »
Le projet le plus marquant pour le photographe remonte en 1994, en effet, Xavier Vanlaere conçoit et anime un projet d’expression photographique avec des jeunes désignés comme « difficiles » dans des zones dites « sensibles ». Ce projet lui tenait à cœur, en effet il s’était engagé dans ce qu’on appelle l’objection de conscience, pour mettre à mal les préjugés sur les comportements dits « déviants ».

En effet, le photographe découvre des jeunes avec un désir immense d’apprendre, de s’exprimer à travers l’image en s’investissant dans le projet.
« C’est l’une des expériences les plus marquantes et enrichissantes que j’ai eu le plaisir de vivre. »
C’est ainsi qu’il se forme au montage de projet socio-culturel, aux techniques éducatives et fait de l’Atelier Photographique un support Socioéducatif qu’il utilise ensuite dans le cadre de sa pratique d’éducateur spécialisé.

Des techniques précises
Prendre la photo est la première étape. Il consacre d’avantage de temps et d’attention à la deuxième étape pour le développement et la création de l’image finale unique dans sa chambre noire. Passionné par les techniques anciennes, les procédés alternatifs et les expériences avec le film, il s’est spécialisé dans le développement de l’image au pinceau sur du papier photographique argentique.
« Avec cette technique, je cherche à créer des images qui ressemblent à mes rêves ou à mon imagination. »


Révélant son image avec un pinceau. Différents concentrés de révélateurs peuvent offrir une palette variée monochrome du gris pâle au noir profond. Les concentrés appliqués au pinceau sur le papier photographique révèlent, accentuent ou estompent certaines parties de l’image. Le coup de pinceau crée de nouvelles formes et lignes ; ainsi entre photographie et peinture, chaque image est unique.


Cependant une technique demeure, il s’agit du sténopé, selon sa définition par Futura Tech il s’agit d’un ” dispositif optique très simple qui permet de prendre des photos sans lentille en faisant passer la lumière à travers un minuscule trou. Le dispositif utilise le principe de la chambre noire, mais permet de fixer l’image en utilisant du papier photosensible ou une pellicule.”

Des inspirations diverses et variées
« Beaucoup de chose m’inspire en somme. »
Ses inspirations vont de la lumière “chaleureuse” comme il nous explique, à la musique et le silence. Des villes à l’aube aux silhouettes gracieuses et aux fleurs sauvages… En soit Xavier Vanlaere est passionné de tout ce qui l’entoure et projette un regard nouveau, voir curieux au monde qui l’entoure comme celui d’un enfant.
Mais son inspiration va plus loin, en effet la photographie pictorialiste de Robert Demachy le passionne, les images mystérieuses de Dolores Marat l’intrigue, mais il pense aussi à l’humaniste Willy Ronis…
Cependant l’art le passionne et l’inspire aussi, comme l’art brut de Jean Dubuffet et Slavko Kopac, l’abstraction expressionniste de Twombly ainsi que l’œuvre subtile de Nicolas De Stael.

Pour aller plus loin
Article réalisé par BOUNCIR Mélanie, 02/05/2022


