TOTAL RECALL

Vaudrait-il mieux l’oublier ?

Nombreux sont les films que l’on aime beaucoup lors de leur sortie, mais qui, après quelques années, perdent de leur attrait, deviennent ringards, et que seule la nostalgie fait vivre. Et si Total Recall en faisait partie ?

Avec le temps, Total Recall est il devenu un Nanar ?

Bon, maintenant que vous êtes là, je peux être honnête avec vous. Au départ, en ne voyant que certaines images du film, et pas les plus jolies, j’avais peur que celui ci ait vraiment mal vieilli et qu’il soit compliqué de rentrer dans l’histoire. Je pensais qu’il faudrait que je fasse des efforts pour pouvoir apprécier le film au delà des effets visuels. Mais en réalité ce n’est pas le cas. J’ai été agréablement surprise et j’ai été plongée dans l’action assez vite. Finalement, j’ai beaucoup aimé ce film, et je vais maintenant vous dire pourquoi. Au passage, attention spoilers! je sais que certains considèrent qu’une fois qu’un film ou un livre est sorti il y a plus de 10 ans, on ne peut le spoiler en gardant bonne conscience car les autres “auraient dû le voir plus tôt s’ils ne vivaient pas dans une grotte” mais tout de même, je trouve ça dommage de divulgâcher un film comme celui-ci.

“Mon film est ringard ? Le remake est pire !”
~Paul Verhoeven *

Et Action!

En 2048, Doug Quaid, un homme marié depuis huit ans travaille sur un chantier. Lassé par sa vie monotone, il rêve souvent de Mars et d’y retrouver femme brune, Melina, qui y vit. Mais alors qu’il décide de se faire implanter les souvenirs de ce voyage sur mars par l’entreprise Rekall, d’autres souvenirs refont surface, ceux d’un autre voyage dans une vie antérieure, et il découvre que sa femme est en fait un agent secret ayant pour mission de veiller à ce que le transfert de sa nouvelle mémoire se passe bien. Il décide ensuite de retourner sur Mars pour récupérer ses souvenirs.

Dans ce film il y a des courses poursuites tout le temps, et beaucoup de retournements de situation : on ne s’ennuie pas! Par contre, les scènes de combat brutes sont parfois un peu trash, comme par exemple lorsque les deux bras de Richter sont coupés sur le monte charge.

Méchant nul ou gentil surpuissant?

En voyant le nombre de fois où Quaid échappe à Cohaagen, je me suit dit que c’était exagéré, que soit Doug était trop fort, soit que Cohaagen était aussi dangereux que les monstres de Scooby doo. Sérieusement, il aurait pu être tué au moins 3 fois, mais c’est comme si Cohaagen faisait exprès de le rater.. Personnellement, j’aime bien quand le héros est dans une situation difficile et que l’on se demande vraiment s’il va s’en sortir et là, j’avais l’impression que le méchant de l’histoire était juste un énième personnage simplement en quête de pouvoir et incapable d’arrêter le héros. Mais en fait, tout cela est expliqué par la révélation de Hauser. Cohaagen ne veut pas tuer Quaid, car en faisant cela, il tuerait aussi Hauser, ou du moins son corps. Or Hauser était son ami avant de devenir Quaid. Ainsi, Coohagen est certes un méchant qui veut conserver à tout prix le pouvoir et le contrôle de Mars qu’il a acquis en ayant le monopole de l’oxygène, mais c’est également un personnage humain, qui veut récupérer son ami. La notion de méchant reste donc assez manichéenne, mais ce n’est pas aussi cliché que le typique “l’amitié et l’amour c’est pour les faibles” et j’ai apprécié cette nuance.

Hauser révèle à Quaid qu’il était un espion et ami de Cohaagen avant qu’on ne reprogramme sa mémoire.

Des personnages féminins forts!

Une des choses que je craignais, en regardant ce film, c’est que les femmes ne soient là que pour être des demoiselles en détresse ou des love-interest des personnages masculins. Et là encore ,j’ai été agréablement surprise. Lori, le premier personnage féminin que l’on croise est loin d’être aussi ingénue qu’elle ne le parait. C’est une espionne, qui sait se battre, et qui n’est clairement pas là juste pour décorer. Elle feint la naïveté pour mieux berner Doug, qui admettra d’ailleurs qu’elle est “futée”, lorsqu’elle essaie de le retenir dans leur appartement le temps que les renforts de Cohaagen arrivent et neutralisent son “mari”. Mélina est également une redoutable guerrière qui n’a pas besoin d’être sauvée, puisque c’est au contraire elle qui sauve Doug lorsqu’il se fait attraper par les agents de Cohaagen sur Mars. Et elle se battra jusqu’à la fin aux côtés de Doug, comme son égal. Pour un film qui a plus de 30 ans , c’est agréable de voir une femme représentée comme l’égal de l’homme!

Un héros en quête d’identité

Dès lors qu’il apprend que sa vie n’est que mensonge, Doug souhaite savoir qui il est vraiment. C’est donc une quête d’identité qui le pousse à aller sur Mars, à la recherche de ses souvenirs, qu’il pourra recouvrer là-bas si on l’en croit un certain Hauser, qui est en fait Quaid avec sa mémoire d’origine. Mais sur Mars, alors qu’il rencontre une sorte d’oracle, un certain Kuato chef de la résistance sur Mars , celui-ci lui dit que ses souvenirs n’importent peu, et que ce sont ses actions qui font qui il est réellement. L’existence précède l’essence. Cette réplique annonce en fait le prochain retournement de situation: Hauer n’était pas un allié de Kuato mais un espion au service de Coohagen. Ainsi, la liberté, la vie qu’il pensait récupérer en même temps que son identité n’est qu’une illusion. En réalité, retrouver sa mémoire lui ferait donc se perdre lui-même.

Une fin mystérieuse

A la fin , tout semble aller pour le mieux : Doug et Mélina ont trouvé un réacteur créé par des aliens qui leur a permis de créer une atmosphère autour de Mars et les méchants sont morts. C’est plutôt ironique d’ailleurs que Cohaagen, qui refusait de donner de l’air aux habitants de mars, se retrouve lui même à suffoquer, sans oxygène pour respirer. Les deux héros sont donc tous les deux, libres, sans leurs scaphandres de respirer. Tout va bien dans le meilleur des mondes. Mais c’est presque trop parfait, trop beau pour être vrai. C’est d’ailleurs ce que souligne Doug, se demandant si c’est un rêve ou la réalité. Alors, Mélina lui répond de l’embrasser avant de se réveiller si c’est le cas. Ils s’embrassent donc, mais cette vision des deux amoureux sur mars fait écho à la toute première image du film, ou ils se promenaient tous les deux mains dans la main. Alors, est-ce là encore un autre rêve? Comme pour Inception, on ne le saura jamais.

Un casting de qualité