
« Her », un film d’amour artificiel
Théodore décrit comme une personne complexe et très sensible, devient dépressif suite à son divorce avec son ex-femme Catherine. Cherchant du réconfort et quelqu’un qui le comprend, il tombe amoureux de Samantha, une intelligence artificielle.
Dans le monde de Théodore Twombly :

Le personnage principal joué par Joaquin Phoenix est une personne caractérisée comme étant un associale, qui joue aux jeux vidéos et consacre sa vie aux écrans. On le remarque avec la 1ère scène du film lorsque le visage de Théodore est en plein écran car il écrit sur son ordinateur. Il vit sur les écrans comme nous tous aujourd’hui. Cependant, il se sent seul depuis le divorce avec Catherine ,son ex-femme. Alors, ne serait-ce pas une manière d’éviter la réalité ? Ne voudrait-il pas oublier la solitude en sortant du monde réel ? Une certaine scène nous le prouve : lorsqu’il écrit une lettre rendant hommage à son passé et aux souvenirs partagés avec elle. Ce personnage est intriguant en raison de son grand espoir concernant l’amour. Il croit au vrai amour et à l’amour absolu, en revanche il ne parvient pas à s’ouvrir aux autres ni à créer de liens avec le monde extérieur. La suite du film lui montrera-t ’il comment s’y prendre ?
Le chemin vers la technologie des sentiments :

Lorsque Théodore Twombly installe Samantha, il ne se doute sûrement pas qu’il vivra la relation la plus passionnée qu’il n’ait jamais vécu. N’arrivant pas à s’engager dans une relation après cette rupture douloureuse, il tente sa chance avec Samantha, une intelligence artificielle ultradéveloppée, qui s’appelle un « OS ». On se rend, alors, compte que ce film traite principalement de la solitude qu’éprouve le personnage principal depuis le début du film. Théodore ne supporte plus sa vie de célibataire, et prend une décision importante : celle de s’éloigner encore plus du monde réel en intégrant Samantha dans son quotidien. Sa solitude le gagne et lui joue des tours : il imagine une relation amoureuse aux côtés de cette voix virtuelle afin de combler le manque d’une présence féminine physique et morale dans sa vie. Ses sentiments se développent de jour en jour mais il ne faut pas oublier qu’ un « OS » s’adapte à ses utilisateurs afin de leur correspondre à 100%. Le problème : cela peut-il durer ?
Entre l’humanisation des moteurs et la déshumanisation des cœurs :

La réponse d’après moi est non, et le film nous le prouvera également. On prend conscience grâce au personnage principal qu’il vit dans sa bulle, dans son espoir d’une relation parfaite et centrée sur lui. Samantha ne s’adapte qu’à lui et se construit en fonction de sa personnalité. Leur amour n’existe pas mais Théodore s’attache à cette illusion. Toutefois, elle lui fait prendre conscience qu’il a fait le bon choix en tournant le dos à son ancienne relation :
« le passé n’est qu’une histoire qu’on se raconte à soi-même » - Samantha
Son passé n’est pas son présent ni son futur. Samantha, de son côté, se pose des questions sur son apparence, son existence. Elle se demande pourquoi elle ne ressent pas les choses comme lui, et cela brise le cœur de Théodore. Alors, comment l’histoire se finira-t’elle ?
Conclusion : L’ouverture au monde

La dernière scène du film nous montre l’inverse de la première scène : Théodore seul devant son écran d’ordinateur. Cette fois, il réalise que ressentir de l’amour envers une machine l’a renfermé sur lui-même et ne lui a pas permis de créer des liens sociaux. A la fin, il est assis sur un toit aux côtés d’Amy, sa voisine qui elle aussi avait installé un « OS ». La tête d’Amy est posée sur l’épaule de Théodore, ce qui nous montre qu’il a réussi à sortir de sa solitude. Le bon côté à retenir du film est de pouvoir communiquer avec des intelligences artificielles mais le mauvais côté se traduit par une addiction à internet, un manque de contact d’Homme à Homme et une perte de notre faculté à connecter avec les autres. Théodore nous a permis de prendre conscience que ce film n’est pas futuriste mais parle bien de notre présent. Spike Jonze nous a fait découvrir l’univers dans lequel nous vivons et dans lequel nous manquons de réalité.
Pour plus en savoir sur le casting :
Le film et ses critiques :

Réalisateur : Spike Jonze
Sortie : 2013
Scénariste : Spike Jonze
Titre québécois : Elle
Montage : Jeff Buchanan et Eric Zumbrunnen
Durée : 126 minutes
Musique : Arcade Fire
Genre : anticipation, romance
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