
Snowden, miroir d’un monde qui est le nôtre?
Pour commencer
Edward Snowden, un ancien soldat devenu analyste pour le gouvernement révèle les vastes programmes de surveillance des États-Unis.
Qu’est-ce Snowden? C’est, un film germano-franco-américain réalisé par l’excellentissime Oliver Stone en 2016. Il revient sur les révélations faites par Edward Snowden sur la collecte illégale d’informations par la NSA sous prétexte de lutte antiterroriste.


Un récit qui flirte avec le réel
L’adaptation d’Oliver Stone de « The Snowden files : the inside story of the world’s most wanted man »,dresse le portrait d’Edward Snowden, le lanceur d’alerte considéré par la Maison Blanche comme un traître. Offrant à son film une dynamique de suspens, le réalisateur met en perspective la surveillance mondiale réalisée par la National Security Agency (NSA) américaine.
Véritable film coup de poing , SNOWDEN nous confronte a un futur proche selon moi , dans lequel la cyber-surveillance semble être la norme bien qu’au demeurant elle soit illégale. On peut alors venir à se demander pour combien de temps ?
Mes moments coup de cœur
En juin 2013, Edward Snowden rencontre à Hong Kong deux journalistes. Il les a contactés en vue de leur remettre plusieurs documents incriminant la NSA. Réfugiés dans la chambre d’hôtel du lanceur d’alarme, ils s’apprêtent à révéler un monumental scandale dans un climat des plus tendu.

Je prends alors conscience qu’Edward atteint alors un point de non-retour, faisant de lui un traître aux yeux de sa hiérarchie et de son pays.

Pourtant, il ne fait que fournir les preuves du péril de la société de droits. Je trouve cela super intéressant rien qu’a la manière des différents plans-séquences employés par le talentueux Oliver Stone qui nous plonge au cœur de l’intrigue.
Ma scène préférée fut celle durant laquelle le lanceur d’alerte arrive à quitter la base de la NSA à Hong Kong, après avoir récupéré des dossiers confidentiels sur sa clé USB. Cette scène m’a soulagé comme elle soulage le protagoniste, en effet ce dernier arbore alors un grand sourire que je n’avais pas vu tout le long du film. Lorsque sa silhouette disparaît dans une lumière blanche, je pense voir ici comme un symbole de rédemption.

Une mise en scène réussie
En choisissant de concentrer son scénario sur la figure même d’Edward Snowden, je trouve qu’Oliver Stone arrive à mettre en avant le patriotisme qui anime Edward Snowden lorsqu’il décide de s’engager dans l’armée avant de rejoindre les équipes de la CIA.

Je trouve aussi qu’il arrive a insérer habilement l’évocation de l’enfance et de la réalité familiale du protagoniste, il suit son évolution professionnelle et sentimentale afin de nous faire ressentir son désarroi qui atteint son climax tout au long du film nous amenant alors presque a ressentir des vertiges.
L’approche est d’autant plus efficace que l’évocation se dessine dans l’urgence des révélations et de leurs conséquences directes. Si selon moi Oliver Stone ne révèle rien de neuf, il condense en un film les tenants et aboutissements d’une affaire qui devrait conduire tout spectateur à se révolter ( du moins c’est l’impression que j’en ai eu et
l’effet que cela m’a fait).

Orchestrée avec panache, la réalisation tend selon moi à exacerber à la fois le ressenti de Snowden (qui flirte ponctuellement la pleine paranoïa ) tout autant qu’elle nous dépasse. Les choix des axes et des angles de cadrage selon moi conduisent un à un malaise certain, ponctuellement renforcé par de réels tableaux à ce point expressifs qu’ils deviennent fascinants.
Snowden, quel message retenir ?
Selon moi le tour de force du réalisateur, qui au fil de son développement nous emporte au cœur de la fiction est de nous confronter à la réalité dont il est question.
Le message que ce film renvoie est très important, car pendant longtemps et encore aujourd’hui, Edward Snowden est perçu comme un ennemi de la nation américaine, à juste titre, ce dernier ayant dévoilé des informations confidentielles.
Pourtant, pour les gens lambda comme vous et moi, nous le percevons plutôt comme un héros : en effet, il a révolutionné nos relations confuses avec Internet et nous permet aujourd’hui de nous protéger un peu plus des abus.
Edward Snowden nous faisant in fine face, la notion même de fiction s’évapore en une fraction de seconde, nous contraignant à regarder le miroir d’un monde qui est le nôtre.
Pour finir
Un casting de qualité



