
« HER » : une dystopie devenue réalité?
“Her”: ou comment Spike Jones a prédit en 2013 l’enfer que nous vivons actuellement à cause des réseaux sociaux
Des acteurs principaux aux interprétations plus justes que leurs profil facebook
J’ai choisi de me pencher sur ce film car en regardant la bande annonce, j’ai remarqué que Joaquin Phoenix et Amy Adams figuraient au casting: ce sont des acteurs que je connaissais déjà pour les avoir vu dans d’autres films dans lesquels j’avais trouvé leur interprétation incroyable.
De plus, le film « Her » est une dystopie qui se déroule dans un futur proche à Los Angeles, ville que j’ai eu la chance de visiter et que j’affectionne particulièrement.


Nous sommes donc plongés dans l’ambiance « fake » du film dès le début, puisque l’on entend ce que l’on croit être la lecture d’une déclaration du personnage principal Théodore pour un de ces proches, alors que son métier consiste en fait à écrire des lettres sur commande pour les proches de ses clients (qu’il n’a pourtant jamais rencontré), en se mettant à leur place pour que les lettres paraissent personnelles.
L’oreillette et la commande vocale : prédécesseurs de Siri et des AirPods
Dans le monde du film, tout se fait par commande vocale à l’aide d’une oreillette. Je trouve ce film très avant-gardiste car il est sorti en 2013 (il y’a presque 10 ans donc), et il reflète bien la société actuelle : aujourd’hui presque tout le monde possède des Air Pods, ainsi que le fameux « Siri » sur nos Iphones dont on se sert pour presque tout.
Dans le film, la population est tellement dépendante de son oreillette qu’elle ne communique presque qu’exclusivement avec ça, les vrais contacts humains sont rares : dans la rue, les habitants se croisent mais ne se parlent pas, trop occupés à parler à leurs oreillettes. Cela semble être une métaphore de notre monde actuel depuis quelques années : celui où les individus sont aliénés par les outils de communication et où les nouvelles technologies sont devenues omniprésentes.

L’amour 2.0
Un jour, Théodore adhère à l’OS, premier système d’exploitation capable d’apprentissage et d’adaptation : il est vendu comme sensible, évolutif… On assiste tout doucement au fait qu’il tombe amoureux de son OS malgré que celui-ci n’ait pas de corps, seulement un esprit. Cependant, l’avis des autres sur ce genre de relation dématérialisée n’est pas unanime et cela fait réaliser à Théodore que ce n’est pas naturel.
Paradoxalement, Samantha son OS finit par évoluer et Théodore devient insuffisant pour elle : si au début du film ce sont les limites physiques de l’OS qui sont frustrantes pour les humains, à la fin c’est l’inverse.
Théodore finit par apprendre que Samantha ; suite à une mise à jour et un besoin croissant de se développer, est aussi amoureuse de 641 autres personnes que lui. C’est le désenchantement pour Théodore, et il réalise alors les limites des OS, qui finissent par disparaître.

“Est-ce que tu es en contact avec d’autres personnes pendant que nous parlons?”
Je te like = je t’aime ou j’aime la personne que tu fais semblant d’être sur tes réseaux ?
Selon moi, ce film est une caricature de l’internet d’aujourd’hui dans lequel on a l’impression qu’avoir des likes sur nos photos signifie être aimé, populaire, beau etc alors qu’en réalité, comme les OS du film de Spike Jones, tout cela est artificiel et est programmé pour nous plaire, or ce n’est pas la vraie vie.
On ne se rend pas compte des limites des ordinateurs, des réseaux sociaux : on croit que cela nous rapproche mais en réalité cela nous éloigne et si l’on pense combler sa solitude, au contraire les réseaux sociaux la renforce.
Comme alerte ce film, je pense qu’il faut se méfier d’internet car s’il peut s’avérer très pratique, il est indéniable qu’il devient très dangereux, notamment pour les jeunes.


Pour en savoir plus …



Steffie Duboulay
L1 LEA anglais/ italien
steffie.duboulay@gmail.com