Her : Critique de notre société

Dans cet article, je vous donnerai mon avis sans langue de bois sur le film Her de Spike Jonze sorti en 2013. Bonne lecture !

INTRODUCTION + SYNOPSIS :

Le film Her est un film de romance/de science-fiction réalisé par Spike Jonze et sorti le 19 mars 2014 en France. Ce film nous raconte l’histoire d’amour entre Théodore, un homme travaillant dans une entreprise dénommée “Bellelettremanuscrite.com”, dont le travail est d’écrire des lettres personnalisées pour d’autres et Samantha, une IA de dernière génération capable de ressentir des émotions et d’évoluer constamment à travers ses expériences. Tout au long de cette critique, je vais vous donner mon avis sur ce film mais aussi vous expliquer pourquoi, selon moi, ce film peut être vu comme étant une critique de notre société. Attention, spoilers…

PARTIE 1 : AVIS GENERAL SUR LE FILM :

Avant de commencer, mettons-nous dans le contexte du film. Celui-ci se déroule à Los Angeles, en 2025. Théodore (le personnage principal du film, incarné par Joaquin Phoenix) a divorcé avec son ancienne compagne, Catherine, depuis environ un an. Théodore est un personnage sensible avec un caractère complexe depuis sa rupture, il n’en reste pas moins attachant et intéressant à suivre. Théodore travaille donc dans une entreprise où il “écrit” des lettres personnalisées pour d’autres, enfin écrire est un bien grand mot car en 2025, les machines et, plus particulièrement, les ordinateurs font presque tout. Ainsi, ce n’est pas Théodore qui écrit les lettres, il les dicte à son ordinateur qui lui les écrit.

Ainsi, dès le début du film, on se rend compte que le monde est en quelque sorte déshumanisé, les rôles se sont inversés, les machines sont devenues des humains et les humains sont devenus des machines, en tout cas dans le monde du travail. Plus tard, Théodore tombe par hasard sur une publicité pour un nouveau système d’exploitation qui possède une IA extrêmement intelligente et qui peut s’adapter en fonction de la personne. Celui-ci va donc se procurer ce système d’exploitation (dénommé Système d’exploitation OS 1) puis va répondre à quelques questions pour pouvoir personnaliser son IA (Quelle voix pour l’IA ? Quelle relation entre Théodore et sa mère ?) et va donc donner naissance à Samantha, son IA personnalisée et va devenir, au fur et à mesure du long-métrage, de plus en plus amoureux d’elle. IA qui est d’ailleurs incarnée par Scarlett Johansson. Voici donc le contexte principal du film.

En ce qui concerne mon avis général sur le film, je l’ai trouvé bon mais pas mémorable, et je m’en vais vous expliquer pourquoi. Pour faire simple, j’ai eu l’impression que la première moitié du film servait plus à planter le décor ainsi qu’à présenter les personnages plutôt qu’à vraiment faire avancer le scénario tandis que la seconde moitié était vraiment plus intéressante à suivre, avec pas mal de rebondissements dans l’intrigue. J’ai eu du mal à accrocher au film dans sa première moitié, je trouvais cela trop redondant et il ne se passait pas grand-chose.

Certes, cette première moitié sert, entre autres, à créer la relation amoureuse entre l’IA et Théodore, mais ce n’était vraiment pas intéressant. Par exemple, on nous apprend que l’IA peut faire des relectures pour les lettres qu'”écrit” Théodore, peut corriger des fautes, a accès au disque dur de l’ordinateur de Théodore. Concrètement, on nous apprend juste ce que l’IA est capable de faire mais ce n’est pas vraiment nouveau, nos IA dans le monde réel (Google Assistant, Siri, Alexa) peuvent déjà le faire, donc ce n’est pas vraiment surprenant. Peut-être que dû à cela, je n’ai pas vraiment accroché car je trouvais que cela était très proche de la réalité et donc pas très surprenant. D’ailleurs, je dois avouer que la VF de l’IA ne m’a pas du tout plu, je l’ai trouvé ratée et parfois surjouée.

Cependant, la seconde moitié du film était beaucoup plus intéressante à suivre, avec de nombreux rebondissements. Par exemple, on a notamment plusieurs moments où l’IA et Théodore vont se “séparer” et où on va se rendre compte que Théodore ne peut pas vivre sans elle. Puis vient les scènes finales, où on apprend que l’IA parle avec plus de 8000 autres IA et où elle révèle être amoureuse de 600 autres IA ce qui rend Théodore extrêmement triste et énervé, mais cela ne va pas durer très longtemps car quelques minutes après, on apprend que l’IA va disparaitre et ainsi ils vont tous deux se dire leur amour pour la dernière fois. Enfin, la scène finale, on voit Théodore et Amy, sa collègue de travail (incarnée par Amy Adams), sur un toit. Je ne sais pas ce que cela voulait signifier mais bon, je pense que c’était peut-être pour sous-entendre que soit Théodore et Amy vont se mettre ensemble, ou alors, que tous les deux vont sauter du toit pour être un jour réincarnés en IA. Voici mon avis sur le film, maintenant je vais vous dire pourquoi, selon moi, ce film critique notre société actuelle.

PARTIE 2 : UNE CRITIQUE DE NOTRE SOCIETE :

Ce que j’entends ici par critique de notre société, c’est le fait que, de nos jours, nous sommes tous dépendants des écrans que ce soit nos téléphones, tablettes, ordinateurs, télévisions, etc. Il est très difficile de se séparer de ces objets car ils sont avec nous tout le temps. Et je trouve que cela est extrêmement bien retranscrit dans ce film et il y a plusieurs moments où l’on s’en rend compte.

Tout d’abord, comme dit plus haut, dès le début du film, on voit bien que les IA et les écrans ont une place aussi importante voire plus importante que les êtres humains dans ce film comme on le voit lorsque l’ordinateur écrit seul la lettre de Théodore, on voit ici que les machines font le rôle des humains et inversement. Autrement dit, les humains ici sont en quelque sorte déshumanisés. Ensuite, on remarque que Théodore se livre totalement à l’IA, il lui fait confiance autant qu’à un être humain alors que cela reste une chose imaginaire, elle n’existe pas vraiment. On voit aussi que Théodore se laisse totalement guidé par l’IA, comme en atteste la scène où celle-ci lui fait faire un tour dans la ville, c’est elle qui le commande, qui lui dit où aller, etc. On remarque donc que l’IA contrôle les moindres faits et gestes de Théodore, ce qui montre encore une fois que les humains sont déshumanisés et les machines sont humanisées.

Il y a également le moment où Théodore et l’IA se fâchent et arrêtent de se parler, et où l’IA en profite pour tout raconter au sujet de Théodore, ce qui fait qu’il n’a plus aucune vie privée. Je pense d’ailleurs que cette scène sous-entend que nous ne devons pas faire confiance à n’importe qui et encore moins à une personne que l’on a rencontré sur Internet. Enfin, il y a aussi la scène où l’IA disparait pendant quelques minutes car elle était en train de faire une mise-à-jour. Ici, on découvre un Théodore désespéré, apeuré, comme s’il avait perdu tous ses repères. Cela démontre encore une fois que Théodore ne peut absolument pas vivre sans l’IA, il la considère plus importante que n’importe quel être humain. Cette scène ici reflète notre monde actuel où nous sommes également perdus sans nos téléphones (attention, cela ne s’applique pas à TOUT le monde, c’est une façon de voir les choses).

Pour finir, on voit que lorsque Théodore apprend que l’IA va disparaitre pour toujours, celui-ci perd tout ce qu’il avait et se sent comme inutile, on dirait qu’il ne sait pas comment vivre sans cette IA ce qui reflète encore une fois notre monde dans lequel il est très compliqué de vivre sans nos téléphones. Voilà, j’espère que vous aurez appréciés cette critique du film Her, je vous dis à très bientôt pour de prochaines critiques de film !

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