Située à une soixantaine de kilomètres de Paris, la petite ville normande de Gisors recèle bien des secrets. Que ce soit au Moyen-Âge ou durant la seconde Guerre Mondiale, cette commune a traversé bien des évènements.
Localisée dans le département de l’Eure, en Normandie, dans le nord-ouest de la France. La ville est connue pour son château fort, qui a joué un rôle important dans l’histoire de la région.
L’histoire de Gisors remonte à l’époque romaine, lorsque la ville était un important centre commercial et militaire. Au Moyen Âge, Gisors est devenue une place forte stratégique, contrôlant l’accès à la Normandie depuis Paris. Au fil des siècles, Gisors est devenue un centre important pour le commerce et l’industrie. La ville a prospéré grâce à son emplacement stratégique sur la route entre Paris et la Normandie. Au 19ème siècle, Gisors est devenue un centre industriel important, avec des usines de textile et de papier. Pendant la Seconde Guerre mondiale, Gisors a été occupée par les forces allemandes, laissant des cicatrices profondes sur la population locale, qui a dû reconstruire sa vie après des années d’occupation et de privations. La ville a été libérée par les troupes alliées en 1944.
Aujourd’hui, Gisors est une ville dynamique avec une riche histoire et un patrimoine culturel important. La ville est un lieu de tourisme populaire, avec de nombreux visiteurs venant voir le château de Gisors et d’autres sites historiques.
Situé sur une colline surplombant la ville, le château fort de Gisors cache une riche histoire. Forteresse militaire à vocation défensive, il a été construit au 11ème siècle, sous le règne du deuxième fils de Guillaume le Conquérant, pour protéger la frontière entre la Normandie et le Royaume de France.
Le château de Gisors a été le théâtre de nombreux événements historiques. Il a été le siège de plusieurs conflits entre les rois de France et les ducs de Normandie. Il a également été le lieu de plusieurs traités de paix entre la France et l’Angleterre.
L’un des mythes les plus connus concernant ce château est qu’il abriterait le trésor perdu des Templiers. Pour comprendre cette légende, il faut remonter au XIIe siècle. Alors objet de convoitises entre le royaume de France et l’Angleterre, le château est confié pendant trois ans à l’ordre du temple. La veille de l’arrestation de tous les templiers, le 13 octobre 1307, une poignée d’entre eux aurait quitté Paris avec trois chariots remplis d’or en direction de l’Angleterre. Sur le chemin, ils ont pu s’arrêter à Gisors et trouver une cache dans ce château qui leur avait appartenu. Le château servit par la suite de prison de 1310 à 1314 au dernier maître de l’ordre, Jacques de Molay, ainsi qu’à trois autres dignitaires de l’ordre, lors du procès de l’ordre du Temple.
Au fil des ans, plusieurs personnes se sont retrouvées fascinés par ces légendes. Nombre d’entre eux tentèrent de retrouver le fameux trésor perdu. Le plus connu d’entre eux est sans aucun doute Roger Lhomoy, l’un des anciens gardiens du château. En 1950, l’homme entreprit de creuser un puit dans la cour du donjon et d’y explorer les souterrains. Il raconte : “Ce que j’ai vu à ce moment-là, je ne l’oublierai jamais car c’était un spectacle fantastique […] Je suis dans une chapelle romane en pierre de Louveciennes, […] ce qu’éclaire ma lumière est incroyable : trente coffres en métal précieux, rangés par colonne de dix. Ce sont des espèces d’armoires couchées de 2,50 m de long, 1,90 m de haut, 1,60 m de large…”. M. Lhomoy aurait trouvé le trésor dans une ancienne chapelle souterraine mais cela n’a malheureusement jamais pu être confirmé. En effet, le trou était si profond et dangereux que personne ne se risqua à descendre pour vérifier ses dires. Les cavités furent alors rebouchées et Roger Lhomoy emporta la vérité avec lui en 1976.
Le château de Gisors est aujourd’hui un site touristique populaire. Il est ouvert au public et abrite un musée qui retrace son histoire. Le parc qui l’entoure est par ailleurs un lieu fort apprécié des habitants et moi-même pour venir se promener et se détendre les jours de beau temps. Ainsi on peut y faire des pique-niques ou encore s’y poser tranquillement sans grand risque d’être déranger. Différents évènements y sont organisés tout au long de l’année, comme des concerts en plein air, des spectacles, le festival de “La Légendaire” ou encore les feux d’artifice du 14 juillet. Certaines soirées d’été sont réservées à des visites nocturnes pour les familles souhaitant découvrir le château de nuit. Les visiteurs peuvent également monter au sommet du donjon pour profiter de la vue panoramique sur la ville et la vallée de l’Epte. Une visite que je recommande tout comme la visite des caves du château.
D’ailleurs le château de Gisors et ses remparts sont sujettes à changements ces dernières années. L’office de tourisme de la ville y a été placé à côté de l’une de ses nouvelles entrées et plusieurs parties du site sont en cours de rénovation, tel que la Tour du Prisonnier qui ouvrira prochainement ses portes au public afin de lui révéler ses mystérieux graffitis.
Située à côté du cimetière de la ville, la léproserie de Gisors fut fondée en 1210 par Jean de Gisors. La chapelle a été modifiée tout au long du Moyen-Age. D’une superficie de 110 m², elle se compose actuellement de 2 parties rectangulaires : l’une, construite en moellons de pierre de taille calcaire, l’autre, un peu plus étroite, à colombages avec pans de bois. L‘hôpital cède l’ancienne chapelle à la ville pour le franc symbolique en 1967.
Classée au titre des Monuments Historiques en 1992, sa restauration commence en 1996. De 1998 à 2010, Dado (Miodrag Djuric), célèbre artiste peintre monténégrin, en peint l’intérieur du “Jugement Dernier”. Cette œuvre monumentale constitue un exemple rare de peinture contemporaine commandée pour un édifice.
Comme toutes les léproseries, celle de Gisors avait été implantée hors de la ville afin de préserver les habitants des risques de contagion.
Édifiée à la fin du XIIème siècle et classée Monument Historique en 1840, L’église paroissiale est considérée comme comptante parmi les plus beaux exemples du patrimoine religieux normand. Remaniée plusieurs fois au cours des siècles, elle offre une grande variété de styles : un chœur gothique rayonnant du 13e siècle, une nef gothique flamboyante et une façade renaissance édifiée au 16e siècle. Au 19e siècle, elle est d’ailleurs considérée par Viollet le Duc comme l’une des églises les plus représentatives du gothique français. Ses dimensions sont impressionnantes : nef de 70 mètres de longueur, de 24 mètres de hauteur de voûtes, à 5 vaisseaux et 6 travées. Ainsi, elle est fréquemment qualifiée de “Cathédrale” sur les cartes postales de la fin du 19e siècle et encore aujourd’hui par les visiteurs qui la découvre.
Au 16e siècle, l’ancien chœur gothique est profondément transformé. On y créé un déambulatoire afin de pouvoir circuler autour des reliques et de nombreuses chapelles sont édifiées, financées par les confréries religieuses et les corporations marchandes particulièrement présentes à Gisors. Du côté nord, la chapelle de l’Assomption est agrandie et est par la suite rénovée au cours du 19ème siècle. Du côté sud, la chapelle de la Vierge abrite une magnifique peinture sur verre de style maniériste, réalisée en 1545 par des artistes de l’Ecole de Fontainebleau, sur le thème de la Vie de la Vierge et l’enfance de Jésus.
Dans l’une des chapelles on peut observer une exceptionnelle sculpture : celle d’un transi. Il s’agit d’un cadavre décomposé sculpté en haut-relief vers 1530. Il est accompagné d’un texte poignant sur la vie et la mort.
De nombreuses sculptures et vitraux sont d’ailleurs à observer dans l’entièreté de la collégiale. Des visites guidées sont organisées sur rendez-vous, sinon l’église est librement accessible tous les jours de la semaine entre 9h et 18h tout au long de l’année.
Cette grande fête médiévale se déroule généralement le 3ème week-end de mai. Elle figure parmi les rendez-vous incontournables des passionnés de l’Histoire et de la reconstitution de la vie au Moyen Âge. Petits et grands y sont invités à découvrir le cœur historique de la ville, ancienne cité médiévale. Lors du festival on retrouve des campements, des reconstitutions historiques, des défilés, des activités telles que la poterie ou encore le tir à l’arc, des spectacles de chevalerie et un grand marché médiéval. Un grand spectacle de son & lumières s’ajoute le samedi soir, à la magie du site du château fort de Gisors, point central du week-end de fête.
Pour des raisons budgétaires, la municipalité de Gisors a désormais décidé d’organiser la fête seulement une année sur deux au lieu du rendez-vous annuel habituel d’avant la crise du Covid. Ainsi le maire souhaite conserver la qualité et le niveau du festival médiéval tout en ne négligeant pas d’autres évènements et projets culturels pour la ville.
Cette année, le festival prendra place le week-end de la Pentecôte du 18 et 19 mai 2024.
Petite, j’ai fais plusieurs fois le tour de ce festival et il est plutôt agréable à faire. L’ambiance médiévale est au rendez-vous tout comme le marché et les activités. Je dirais qu’il est parfaitement adapté aux familles et aux enfants, mais devient peut-être un peu ennuyeux pour les adolescents et jeunes adultes peu intéressés par le Moyen-Âge.
Envie de produits frais et locaux ? Le marché de Plein Vent est un incontournable des habitants de Gisors et de ses environs. Il a lieu tous les vendredis et dimanches matin, Place des Carmélites de 8h à 12h30. Le vendredi y figurent 60 stands tandis que le dimanche s’y trouvent jusqu’à 140 exposants. On y retrouve légumes, viandes, poissons, fromages, mais aussi d’autres produits non alimentaire comme des vêtements, des chaussures, des produits utiles à la maison, etc.
En place depuis bien des années, il est un rendez-vous à ne pas manquer pour rencontrer les producteurs locaux et goûter à la gastronomie du coin. Comme dans toutes les villes et villages de France, il a lieu dans le centre-ville et est un point de rencontre et de contact important pour ses habitants.
Personnellement, je m’y suis souvent promenée mais sans rien acheter. En revanche, je sais qu’il était important pour beaucoup de mes proches, achetant vêtement à bas prix, ou produits de fermes et boucheries locales. Le marché a même offert, grâce aux rencontres qu’on peut y faire, l’opportunité à l’une de mes amies pour un job saisonnier dans une ferme du coin, dans laquelle elle travaillera 3 ans de suite, chaque été.
Pour les gens motorisés, le centre-ville est plutôt pratique. Il dispose de nombreux parking, éparpillés un partout dans la ville et souvent gratuits et accessible 24H/24, 7J/7. Pour ce qui est de ce qu’il propose, le centre-ville est moyennement bien équipé. On y trouve la mairie, la collégiale Saint-Gervais-Saint-Protais, l’ancien et le futur cinéma, plusieurs écoles maternelle, primaire et un collège, le parc environnemental, l’office de tourisme, la bibliothèque, des banques, et divers commerces comme des restaurants, des bars, environ 5 boulangeries, des superettes, des opticiens, des dizaines de coiffeurs, des bijoutiers, des vendeurs de vêtements (du moins ce qu’il en reste car beaucoup ont fermés au cours des dernières années) et des vendeurs de kebab.
Pour ce qui est des lycées, autres écoles d’enseignement secondaire et crèches, de l’hôpital, de la gendarmerie, de super-marchés, d’hôtels, de la caserne des pompiers, des terrains de sport, de la gare, de la salle des fêtes, du cimetière ou tout simplement de la majorités des habitations de type maison ou immeubles, il faut s’éloigner du centre-ville. Le château quant à lui se trouve à ce qu’on pourrait considérer comme la limite du centre-ville.
Le centre-ville propose certes diverses “activités”. Néanmoins on peut très vite lui reprocher d’être ennuyeux et de ne pas diversifier suffisamment son offre, surtout en ce qui concerne les petits commerces, qui par le passé, proposait bien plus de chose. Auparavant le centre-ville disposait d’un cinéma attractif et charmant, de plusieurs librairies, d’une vidéothèque pleine de dvds et de cassettes à emprunter, de nombreuses boutiques de vêtements, d’une salle des fêtes, etc. Le centre-ville a pour ainsi dire perdu son “offre culturelle”. Aujourd’hui on retrouve au moins 5 coiffeurs, 5 opticiens, 5 boulangeries et 5 vendeurs de kebab différents dans la même rue. Un ou deux de chaque suffiraient largement. De plus les commerces changent sans arrêts, ne tenant généralement même pas un an.
Ouvert depuis 2011, le parc environnemental Frédéric Passy fut auparavant un parc privé dont les origines remontent au 17ème siècle. Il dote désormais le centre-ville de Gisors d’un véritable poumon vert. C’est un espace de détente et de balade qui abrite une faune et une flore riches et qui est traversé par l’Epte et la Troesne. Le parc est aussi un lieu d’amusement avec une aire de jeux pour les enfants, un skate-parc et un terrain de football/basketball. Il est également muni de tables et bancs pour pique-niquer, ainsi que d’appareils de gymnastique et de musculation disposés un peu partout dans le parc. Outre cela, il y a des grandes étendues d’herbe pour s’allonger ou jouer ainsi qu’une petite mare pleine de grenouilles et de poissons au bord duquel on peut s’assoir.
L’accès au parc est gratuite et libre à tous, les animaux sont acceptés et il est ouvert toute l’année de 9h à 16h00, 18h00 ou bien 19h30 en fonction de la saison. Pour y accéder, il y a trois entrées pratiques reliant des quartiers un peu plus éloignés au centre-ville, ainsi qu’un petit parking à l’entrée principale.
À partir de son ouverture en 2011, j’ai beaucoup fréquenté ce parc. Que ce soit avec l’école, avec des amis ou avec la famille; pour s’y balader, faire du sport, ou y faire des bêtises, j’ai toujours beaucoup apprécié le temps que j’ai passé dans ce parc. Il est calme et tout le monde est heureux de pouvoir s’y rendre pour respirer. Il faisait aussi office de raccourci pour se rendre chez des camarades de classe plus facilement. Je le recommande à quiconque souhaitant se balader tranquillement.
Annoncé en 2019, un nouveau et très grand cinéma devrait voir le jour dans les prochaines années à Gisors. Il doit remplacer l’ancienne petite salle “Jour de Fête” de la rue de Vienne fermée depuis 2014 pour des raisons de sécurité.
Cela fait maintenant pas mal d’année que les Gisorsiens entendent parler de ce nouveau complexe. Néanmoins les avancées des travaux sont à peine remarquables sans parler de la date d’ouverture qui est sans cesse reculée. La construction est censée se faire à la place de l’ancienne salle des fêtes de Gisors située en plein centre-ville au bord de l’Epte fermée depuis 2018. Même si la construction d’un nouvelle salle des fêtes fut assez rapidement réalisée, l’ancienne est cependant restée des années à l’abandon jusqu’en 2023, où elle fut définitivement détruite. La raison? Cette salle, dans laquelle des centaines d’enfants dont je fais moi-même parti, ont fais des spectacles pendant des années, était truffé d’amiante dans ses murs. Il a donc fallu désinfecter le bâtiment avant de le détruire pour de bon.
Le projet du futur cinéma ou du futur “pôle culturel communautaire” a pour but de se diviser en deux parties : Un premier bâtiment avec un complexe cinématographique de 1 450 m² avec 3 salles (250 places/120 places et 80 places). La plus grande salle souhaitant être une salle modulable en salle de spectacle. Et un second bâtiment à savoir une grande médiathèque communautaire de 1200 m², ce dont manque cruellement la ville. En plus de ces deux bâtiments, le projet soutient la réhabilitation des berges de l’Eptes en promenade agréable. En outre, il est également question d’un parking souterrain offrant jusqu’à 95 places pour les usagers. La mise en service au moins des deux bâtiments est actuellement prévu pour la fin de l’année 2025.
Pour avoir fréquenté l’ancienne salle des fêtes et ses alentours pendant toute mon enfance, je partage un avis assez sceptique sur ce projet. Pour moi et pour nombre des mes proches ayant connu le lieu, il est difficile d’imaginer un complexe aussi grand et sophistiqué y voir le jour. De plus ce fut longtemps un endroit assez mal fréquenté, en raison de son parking et de son arrière-cours isolés laissant place à des activités illicites. La municipalité n’a pensé à renforcer la sécurité du lieu qu’à la fin de son existence en installant des barrières bloquant certains accès au public. J’attends donc fin 2025 avec impatience, pour constater l’avancée ou pas des travaux.
Ouverte du lundi au samedi de 6h20 à 20h00 et le dimanche et les jours de fêtes de 7h45 à 22h00, la gare de Gisors représente sans doute la structure la plus importante de la ville. Utilisée par des milliers d’usagers chaque jours, elle est LE moyen de se rendre au travail pour un très grand nombre de Gisorsiens et des habitants alentours. Son point fort? Un accès direct pour se rendre à Paris. Le train reliant la gare de Gisors à celle de Saint-Lazare à Paris dessert une vingtaine de stations. Le trajet dure environ une heure et demie et coûte à peu près 13,50 euros, même s’il semblerait que ce prix soit en augmentation.
Bien que pratique, je considère ce trajet comme une véritable torture, surtout si on en fait l’entièreté du chemin qui est de Gisors à St-Lazare. Il s’arrête toutes les 5 minutes pour desservir une gare, est bondé aux heures de pointe et est très inconfortable. Pour avoir pris des dizaines de TER différents, que ce soit en région parisienne, dans le sud de la France ou même à l’étranger, je n’ai jamais connu un train aussi inconfortable. Sans parler de l’horrible alarme qu’émettent les portes du train à l’ouverture et à la fermeture. Les 1h30 de trajet sont atrocement longues et ennuyeuses, mais représentent malheureusement le seul moyen pour de très nombreuses personnes, de se rendre à leur travail. Beaucoup de ces travailleurs, au bout de 20 ans, finissent par changer d’emplois voire déménager, car travailler à Paris, est tout sauf un luxe. Si vous veniez un jour à prendre ce train, je vous conseille de vous armer de patience et de vigilance, car la gare de St-Lazare est, au bout du chemin, également un lieu peu fréquentable à quitter en vitesse.